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L'énergie, menace pour Trump à l'abord des Midterms ?
information fournie par Le Cercle des économistes 16/02/2026 à 08:54

Les données de l'Energy Information Administration (EIA) montrent une hausse moyenne de 12 % des factures d'électricité des ménages depuis janvier 2025 avec des pointes spectaculaires : +23% à Washington DC, +17% dans l'Indiana, +15% dans l'Illinois. (Crédits: Unsplash - Zbynek Burival)

Les données de l'Energy Information Administration (EIA) montrent une hausse moyenne de 12 % des factures d'électricité des ménages depuis janvier 2025 avec des pointes spectaculaires : +23% à Washington DC, +17% dans l'Indiana, +15% dans l'Illinois. (Crédits: Unsplash - Zbynek Burival)

«Je réduirai le prix de l'énergie et de l'électricité de moitié. Douze mois après le 20 janvier, votre facture d'électricité sera 50% moins chère.» Cette promesse, martelée par Donald Trump en octobre 2024 à Detroit constitue aujourd'hui un talon d'Achille, à neuf mois des élections de mi-mandat. Car non seulement la promesse n'a pas été tenue, mais les politiques conduites par l'administration républicaine ont aggravé les tensions sur les prix de l'énergie.

Les chiffres sont cruels. Les données de l'Energy Information Administration (EIA) montrent une hausse moyenne de 12 % des factures d'électricité des ménages depuis janvier 2025 avec des pointes spectaculaires : +23% à Washington DC, +17% dans l'Indiana, +15% dans l'Illinois. Les déconnexions pour impayés explosent : à New York, leur nombre a été multiplié par cinq.

En plus de la flambée des factures d'électricité, les ménages américains ont également été confrontés à la hausse des prix du gaz, qui ont bondi de 5,2 % en moyenne au cours de l'année dernière. Cette situation est d'autant plus problématique que l'administration a réduit l'aide fédérale à l'amélioration de l'efficacité énergétique des logements et le programme fédéral d'aide aux précaires, avec un impact sur 6 millions de foyers.

Comment en est-on arrivé là ? Premier facteur, le One Big Beautiful Bill a liquidé les incitations de l'Inflation Reduction Act de Biden pour le solaire, l'éolien et les véhicules électriques. Or, selon le think tank Resources for the Future, cette suppression augmentera les factures d'électricité de 5 à 7% d'ici 2030. Ironie : 70% des investissements IRA bénéficiaient à des districts républicains.

Deuxième facteur : la demande vorace des data centers alimentant l'intelligence artificielle. Le Département de l'Énergie estime qu'ils pourraient représenter près de 10% de la consommation électrique américaine d'ici 2028. Trump, qui a fait des data centers un pilier de sa rivalité technologique avec la Chine, se retrouve pris dans une contradiction frontale : promouvoir l'IA tout en promettant des factures basses. Son message sur Truth Social du 12 janvier — « les entreprises technologiques doivent payer leur part » — trahit un embarras.
Troisième facteur : le Drill, baby, drill n'a pas produit les effets attendus. Le baril oscille autour de 63 dollars le baril mi-février 2026, en baisse de 11% sur un an.

L'essence a effectivement reculé d'environ 10%, à 2,87 dollars le gallon en moyenne, loin de l'engagement d'un prix à la pompe de 2 dollars. Mais cette baisse ne doit rien aux forages américains : elle résulte d'un excédent mondial d'offre alimenté par les décisions de l'OPEP. L'industrie pétrolière américaine ne fore pas davantage, les prix étant trop bas pour justifier de nouveaux investissements, et les volumes devraient baisser en 2026. Quant aux exportations massives de GNL encouragées par Trump, elles enrichissent les majors … mais appauvrissent le consommateur domestique.

Une bascule politique se profile. Un sondage Politico de février 2026 révèle que 37% des Américains jugent les Démocrates plus engagés dans la baisse des prix de l'énergie, contre seulement 25% pour les Républicains, renversement pour un parti qui — depuis Jimmy Carter — dominait sur ce terrain. Les Démocrates ont déjà testé avec succès le message affordability lors des scrutins de novembre 2025 en Virginie, au New Jersey et en Géorgie, où ils ont remporté des victoires en martelant la responsabilité républicaine dans la hausse des factures.

Trump se trouve face à ses contradictions. Sa stratégie fossile a freiné le déploiement des renouvelables bon marché, à rebours de l'intérêt de son électorat. Son soutien aux data centers a alimenté la demande d'électricité sans temps d'adaptation des infrastructures nécessaires. Ses exportations de GNL ont renchéri le gaz domestique. L'énergie pourrait devenir, pour les Midterms de 2026, ce que le prix des œufs aura été pour la présidentielle de 2024 : le flagrant symbole d'une promesse trahie.

4 commentaires

  • 10:28

    Ce dicta…tdur très dangereux paix dans le monde doit dégager


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